Lecture à voix haute·roman jeunesse

Les Enfants Terribles de Bonaventure

 

Auteure: Cécile Hennerolles

Editeur: Magnard Jeunesse

Collection: roman 8-12 ans

Pages: 240

 

Ah qu’il fait bon vivre sur l’île de Bonaventure! Les enfants y sont élevés en complète liberté et affranchis de l’école. La vie coule en communion parfaite avec la nature, rythmée par les saisons. Pourtant, quand sur le continent le Maire décide de relier sa ville à l’île par un pont, cela vient bouleverser un quotidien bien rodé. Le pont apporte la modernité, une institutrice et risque surtout de venir bouleverser l’équilibre de tout un écosystème.

Cécile Hennerolles nous avait charmé avec Vladimir et Clémence; avec Les enfants terribles de Bonaventure elle nous transporte dans un délicieux voyage vers le passé où le progrès et la modernité se confrontent à la simplicité d’une vie en autonomie et en complète communion avec la nature. L’auteure aborde ainsi des sujets très actuels et soulève la question de la place de l’homme sur Terre et du rôle qu’il a à jouer dans la sauvegarde de le nature et de toutes les espèces. La place des enfants dans la société et la liberté d’éducation a particulièrement raisonné dans nos cœurs. Mais c’est l’histoire emprunte de nostalgie, d’humour et de solidarité qui fait la force du récit. Le choix de narration est par ailleurs très pertinent et rapproche le lecteur du narrateur, ce grand-père touchant qui raconte son enfance avec légèreté et auto-dérision.

Sur la petite île de Bonaventure, le héros de ce roman vit avec sa bande de copains une enfance libre et sauvage. Au programme, chaque jour : courses folles, bricolages ingénieux et exploration de criques secrètes. Jusqu’au jour où l’annonce de la construction d’un pont vient menacer ce paradis. Bientôt, un projet de station balnéaire se profile, et les enfants sont même menacés d’être envoyés en pension pour refaire leur éducation, jugée trop fantaisiste. Pas question pour les Bonaventuriens de laisser faire : adultes et enfants organisent la résistance. Une résistance à la façon de Bonaventure : foldingue et solidaire, désobéissante et incroyablement énergique !

Avertissement : Après avoir lu cette histoire, vous aurez envie de mettre les mains dans la boue,  de courir sous la pluie et de voler comme un oiseau.

BD/manga

Les enfants de la Résistance, tome 1. Premières Actions

 

Auteur: Vincent Dugomier

Illustrateur: Benoit Ers

Éditeur: Le Lombard

Pages: 56

 

Cette année, Gabrielle suivant le programme de sixième, nous rejoignons le groupe collégiens lorsque sont organisées des sorties groupées avec d’autres familles qui ne scolarisent pas leurs enfants. Ainsi début octobre, elle est allée visiter le Musée de la Résistance de Bondues. Un lieu très riche historiquement et fort émotionnellement. Le musée accueille en ce moment l’exposition temporaire « Les enfants de la Résistance » créée par les éditions Le Lombard. Cette exposition se met au niveau des enfants en expliquant de manière ludique et « didactique les grands thèmes liés à la Seconde Guerre Mondiale et à la Résistance. » Ayant beaucoup apprécié, Gabrielle voulait aller plus loin en découvrant la série de bande dessinée de Vincent Dugomier et de Benoit Ers. Le succès ne s’est pas fait attendre et elle m’a vivement conseillé de découvrir ce premier tome qui lui a fait très bonne impression.

L’histoire prend place dans un village fictif des Ardennes entre Mai 1940 (début de la guerre) et Octobre 1940 (rencontre de Pétain et Hitler et la photo qui en résulte, les montrant se serrer la main). François et Eusèbe ont treize ans et semblent avoir compris bien plus vite que les adultes que l’Armistice n’apporte pas que du bon. A leur niveau, ils commencent à mener de petites actions pour montrer leur désaccord et s’opposer au régime nazi. C’est aussi la rencontre avec Lisa, une jeune réfugiée belge, qui va bouleverser leur regard sur le monde et les hommes qui les entourent.

Premières actions est un premier volume très intéressant et richement documenté qui pose la question de la place des enfants dans la guerre. On assiste à l’exode des populations qui tentent de fuir l’avancée du nazisme et les difficultés qu’ils rencontrent en chemin dont les enfants perdus ou abandonnés. Mais c’est aussi l’évolution des mentalités qui se fait ressentir entre les français qui soutiennent Pétain au début de la guerre pour s’en détourner peu à peu ou inversement. J’apprécie grandement la prise de position des auteurs qui ne sont pas tombés dans le manichéisme et nous dépeignent des soldats allemands prêts à risquer leur vie pour sauver une famille française d’un incendie ou le fait que le parrain de François soutient ouvertement Pétain sans manquer d’attention et d’affection pour lui qui ne cache pas ses sentiments de résistance. Ils arrivent à s’entendre malgré leurs idées différentes. Cela montre que des deux côtés il y a des hommes bons et d’autres moins, et lorsque l’on s’adresse à des enfants c’est d’autant plus important de le souligner.

La bande dessinée est par ailleurs enrichie d’un dossier de sept pages rédigé par Vincent Dugomier qui permet d’aller plus loin dans la découverte de cette période. Enfin le travail graphique et la mise en couleurs sont vraiment très beaux et nous plongent complètement dans l’époque. Ce premier volume est vraiment de qualité et il ne fait aucun doute que nous lirons la suite avec plaisir.

C’est vrai que, comme disait mon père, on s’était pris une fameuse gifle… Le matin du 10 mai 1940, la guerre était là. Rapidement, ce fut la débâcle. Le 22 juin, un armistice était signé avec l’Allemagne. Nous étions vaincus. C’était l’été de nos 13 ans, à mon pote Eusèbe et moi. Et nous n’étions pas prêts à nous résigner!

roman young adult

Chroniques des Cinq-Trônes, tome 1. Moitiés d’âme

 

Auteur: Anthelme Hauchecorne

Éditeur: Gulf Stream

Illustrateur: O’LEE

Pages: 528

 

La fantasy n’est pas mon genre de prédilection mais de temps à autre j’aime bien me plonger dans l’un de ces univers fictifs emplis de magie et de créatures surnaturels. En premier lieu, il faut reconnaître que l’objet-livre est somptueux avec sa couverture épaisse, sa magnifique illustration et son ruban marque-page. Le travail de l’éditeur est de qualité et donne un livre fait pour durer.

En second lieu, on ne peut nier que ces Chroniques des Cinq-Trônes ont tout ce qu’il faut pour en faire l’un des romans de fantasy les plus intéressants qu’il m’aie été donné de lire à ce jour. Entre l’écriture concise et percutante d’Anthelme Hauchecorne, les personnages hauts en couleur et l’histoire intelligemment construite, ce roman ne laisse aucun répit. L’auteur transporte son lecteur dans un univers où la magie, le triangle amoureux entre deux humains et une Faëe et l’ambiance médiévale charment tout autant que les paysages hivernaux et le sentiment d’oppression que l’ont ressent à la lecture. Le récit n’est marqué par aucun temps mort et la lecture n’en est rendue que plus addictive.

Moitiés d’Âmes est le premier volume d’une tétralogie qui se suffit à lui-même. La fin reste ouverte mais peut tout à fait s’arrêter là. Il va bien au-delà d’un tome d’introduction tant l’histoire est riche en événements souvent surprenants, toujours très percutants. Les rebondissements arrivent toujours au moment où l’on croit avoir compris les tenants et les aboutissants d’une situation. A découvrir dès treize ans (quinze ans pour l’éditeur).

La mägerie n’obéit qu’à un seul principe: elle ne peut s’exercer qu’à deux. Liutgarde le sait. Elle a pourtant fui Ortaire, l’époux qui lui avait été imposé, renonçant ainsi à son pouvoir. Exilée au nord des terres, elle serait morte sans l’aide des caravaniers et de Rollon, un mäge à l’esprit torturé. Épris l’un de l’autre, Liutgarde et Rollon se déplacent en roulottes avec leur communauté dans l’hostile forêt de la Sylverëe, ancien royaume des Faëes de l’Hiver. Mais l’équilibre de cette vie en cavale va complètement basculer, les obligeant à régler les dettes de leurs vies antérieures. Car dans ce monde tout se sait et tout se paie un jour. Leur pouvoir et leur amour suffiront-ils à les protéger?

Lecture à voix haute·roman ado

BOO

Auteur: Neil Smith

Traducteurs: Lori Saint-Martin et Paul Gagné

Editeur: L’école des loisirs

Collection: Medium +

Pages: 397

Oliver Dalrymphe est mort. Il se réveille dans un paradis où seuls des jeunes morts à treize ans sont réunis. Quelques semaines après son arrivée, il est rejoint par un garçon de son établissement, Johnny, qui lui apprend qu’ils sont tous deux morts assassinés par balle. Les deux garçons, accompagnés par Esther et Thelma, des amies rencontrées au paradis, se lancent alors à la poursuite de leur assassin qui se serait donné la mort et pourrait donc bien être avec eux.

Avec BOO j’espérais nous plonger, mes filles et moi, dans une histoire de fantômes drôle, une enquête au pays des morts, en gros une histoire amusantes idéale à cette époque de l’année. Mais j’étais à mille lieux de penser que j’allais mettre la main sur un roman fort et poignant qui aborde des thèmes assez difficiles tels que le harcèlement et le suicide. Par ailleurs, lors de son séjour dans l’au-delà, Oliver découvre la fin sordide de nombre des jeunes avec qui il partage son quotidien, morts dans des circonstances souvent terribles. L’univers créé par l’auteur est intéressant sur bien des aspects et donne beaucoup d’importance et de responsabilités aux adolescents qui y gagnent en maturité même s’ils sont figés dans leur treize ans.

Si j’ai trouvé la lecture surprenante et originale, j’ai eu plus de mal avec la lecture à voix haute en raison de certains passages violents et le vocabulaire insultant. Je ne suis pas une personne grossière à la base mais je trouve que l’on entend assez ce genre de propos dans la rue, aussi quand je lis, j’aime autant que ce soit agréable à lire et poli. Le récit n’en est pas moins intéressant, l’écriture plaisante et l’ensemble donne un bon roman pour adolescents. Neil Smith met en avant l’importance de l’amitié dans la construction du jeune. Etre deux c’est avoir quelqu’un sur qui compter, c’est une protection vis à vis des autres mais aussi de soit. Ici les responsables sont les harceleurs, mais sans doute aussi les adultes même si l’auteur ne leur laisse que très peu de place… BOO est un très beau roman sur l’adolescence et ses difficultés, une belle histoire d’amitié éternelle.

7 septembre 1979. C’est la première semaine de cours au collège Helen-Keller. Oliver « Boo » Dalrymphe – élève de quatrième à la pâleur spectrale et au cœur malade, scientifique en herbe et paria social – récite les cent six éléments du tableau périodique devant son casier. Dans la seconde qui suit, il se réveille au « Village », un au-delà exclusivement réservé aux trépassés de treize ans. Ici, il n’y a ni arbres ni animaux, seulement d’infinies rangées de dortoirs en brique rouge, entourées de gigantesques remparts de béton. Au plus grand étonnement de Boo, les « qualités » qui faisaient de lui un paria sur Terre lui valent ici des amis. Il se surprend à éprouver une joie qu’il n’avait jamais connue jusqu’alors. Mais même au paradis, la vie peut être un enfer. Et tandis que le jeune garçon coule des jours heureux, il découvre que sa mort ne résulte pas, comme il le croyait, d’une défaillance de son cœur malade. Boo a été assassiné. Et le coupable pourrait bien l’avoir suivi jusque dans l’au-delà…

 

BD/manga

Dreams Factory, tome 1. La Neige et l’Acier

Auteur: Jérôme Hamon

Dessin: Suheb Zako

Couleurs: Lena Sayaphoum

Editeur: Soleil

Collection: Métamorphose

Pages: 58

Indira est une enfant qui subvient aux besoins de sa famille. Elle travaille chaque jour à la mine pour nourrir son petit frère Eliott et son père, un homme d’apparence bourru et porté sur la boisson. Quand Indira tombe malade Eliott, naïf et innocent, se présente à la mine pour prendre sa place. Mais il disparaît et Indira part à sa recherche et découvre un monde caché où le travail des plus jeunes enfants est exploité dans la fabrication de jouets mécaniques.

Premier volume d’une série qui en comptera deux, La Neige et l’Acier dépeint un Londres sombre à la Dickens, mêlé à des éléments plus futuristes. L’auteur y dénonce le travail des enfants au travers d’un récit qui s’annonce fort émotionnellement. Cette première partie présente les personnages et le contexte, il ne fait aucun doute que le deuxième apportera des réponses aux questions soulevées.

S’il est difficile de juger l’histoire sur ce premier tome, je trouve que l’amorce est bonne et suffisamment bien menée pour susciter la curiosité et encourager la lecture de la suite. En revanche, les illustrations sont magnifiques avec leurs couleurs bleutées qui renforcent le froid de la neige et l’ambiance glaciale de l’histoire. Les personnages sont adorables et leurs traits très expressifs. Les décors sont peu nombreux mais regorgent de détails et montrent bien les différences de classes sociales. L’ensemble forme des planches d’une grande beauté contemplative.

Il ne me reste qu’à espérer que le tome 2 ne tardera pas à sortir.

[Présentation éditeur] Londres, 1892. Comme la plupart des enfants de la cité ouvrière dans laquelle elle vit, Indira descend tous les jours dans les mines de charbon, sans jamais protester.

ebook·roman

Agatha Raisin enquête, tome 15. Bal Fatal

Agatha Raisin, book 15. Deadly Dance

 

Auteure: M.C. Beaton

Traductrice: Esther Ménévis

Editeur: Albin Michel

format ebook (324 pages)

 

Ca y est! Agatha s’est décidée à ouvrir son agence de Détective Privée. Entre les recherches de chats perdus et les maris infidèles, c’est un peu le calme. Pourtant, lorsqu’une future mariée reçoit une lettre de menaces, Agatha est engagée par la mère de la jeune fille pour mener l’enquête et découvrir qui en veut à sa vie. En parallèle, Agatha a une nouvelle voisine, Emma, sexagénaire qui semble intelligente et efficace et qu’elle engage comme secrétaire pour son agence avant de lui confier quelques missions. Pourtant, c’est bientôt la vie d’Agatha qui est en danger et cela sème le doute et la confusion.

Tentative d’empoisonnement, infraction, cadavres, jalousie, agression physique et voyages sont au cœur de cette quinzième intrigue. Si la première moitié m’a semblé assez molle et donc pénible à lire, j’ai retrouvé un regain d’intérêt dans la seconde moitié, plus rythmée et dynamique. La présence de Charles, de Roy et bien entendu de Mrs Bloxby est un élément non négligeable à la réussite d’un roman d’Agatha Raisin, ils apportent avec eux un peu d’Agatha, dont les différentes facettes me désarçonnent parfois. Bien qu’intelligente, elle manque parfois de discernement et peut se montrer d’une naïveté extrême qui apporte un peu de douceur dans ce personnage à l’apparence revêche. Il était original que le nouvel occupant de l’ancienne maison de James Lacey soit une femme, mais au final voisine ou voisin, les liens avec Agatha sont toujours compliqués et tous ces personnages ne font que passer dans sa vie, comme un courant d’air plus ou moins agréable, l’auteure semblant chercher comment remplacer James…

Un quinzième volume agréable, qui sans être le meilleur de la série, reste une lecture plaisir idéale pour passer un bon moment de détente.

Calme plat dans les Cotswolds : pas un meurtre à la ronde pour notre détective préférée, Agatha ! Lorsqu’une riche divorcée lui demande d’élucider les menaces de mort dont sa fille Cassandra est victime, Agatha saute sur la proposition. Enfin une grosse affaire et sûrement un sacré coup de pub ! Elle ne croit pas si bien dire : lors d’un bal en l’honneur des fiançailles de Cassandra, elle déclenche une émeute en déjouant un assassinat… dont elle risque bien d’être la prochaine cible.