Lecture offerte·roman ado / young adult·roman jeunesse

Le Collège des éplucheurs de citrouilles

Auteur: Laure Deslandes

Éditeur: l’école des loisirs

Collection: Medium/ Supermax

Pages: 294

 

L’histoire prend place à Trégondern, au Collège des Museaux, sans doute l’un des plus petit collège de France. Mais son originalité ne tient pas tant à sa taille qu’en son fonctionnement et sa gestion. Entre des professeurs atypiques et pas très académiques, des programmes pas suivis, des cours d’estonien en LV1 ou un budget informatique détourné pour acheter des marionnettes de grandes qualités, les nouveaux élèves ont de quoi se sentir dépaysés. Et si en plus je vous dis qu’ils n’y a pas de réseau ni de connexion internet… autant dire que c’est le bout du monde.

Pour Péline et Elliot cette rentrée en 5é se veut riche en surprises. Pour Elliot, il y a la vie en internat, la séparation avec sa mère et l’excentricité de ce nouveau monde auquel il va devoir s’acclimater. Pour Péline, la surprise tient surtout dans le fait que les effectifs ont doublé, de 5 élèves par classe, ils sont désormais 10, et le moins qu’on puisse dire est que ces internes attisent sa curiosité et ses émotions.

Laure Deslandes signe un premier roman au titre accrocheur (qui ne manque pas d’en rappeler un autre) dans lequel elle restitue parfaitement la vie au collège entre les cours, la vie d’interne, la cantine et les premiers émois amoureux. Ses personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, sont tous haut en couleur avec des personnalités fortes, touchantes ou énervantes, ils ne manquent pas de susciter intérêt et empathie. Il est intéressant de découvrir d’un côté la vie rurale d’une population presque coupée du monde, des originaux, des marginaux et de l’autre la vie des internes, préadolescents en rupture sociale et familiale, placés en internat dans le (probable) seul établissement qui a bien voulu les accepter. L’écriture est agréable bien que le vocabulaire de certains personnages vole assez bas; le texte aborde avec humour des sujets parfois graves et multiplie les scènes rocambolesques aux limites de l’improbable dans un récit qui mêle les genres.

J’avoue avoir trouvé le début assez long, l’intrigue peinant à se mettre en place. Je craignais de perdre mes filles en route dans cette lecture à voix haute qui n’avait rien, au premiers abords du moins, pour les attirer. Cependant l’originalité du mode de vie des trégondernois, la personnalité de Péline et l’humour les ont maintenu accroché à la lecture qu’elles ont, au final, adoré. Quant à moi, même si ce n’est pas un coup de cœur, j’ai adoré le mélange des genres, la découverte du mode de vie rurale qui s’autosuffit et privilégie les relations humaines au numérique. Un bol d’air frais!

 

En apprenant qu’il entrait en cinquième au collège des Museaux, Elliot avait trouvé le nom de l’établissement plutôt marrant, il s’était même dit qu’il allait pouvoir y changer de vie, en finir avec ses ennuis. Tu parles! Il risque de trouver le temps long ici. Il n’y a pas de réseau et pas de Wifi. Des profs complètement barges, des élèves nourris au quinoa qui trouvent normal d’apprendre l’estonien en LV1 ou de grimper aux arbres en EPS. Sans parler de cette fille au prénom bizarre, Péline, une grande rousse qui s’est mis en tête d’accueillir les nouveaux internes… Elle le poursuit! Elliot a pourtant intérêt à s’en faire une alliée. Quelqu’un a fouillé sa chambre, et il sait bien ce qu’on y cherchait: un objet précieux qu’il a caché dans ses bagages, un souvenir de son ancienne vie…

Lecture offerte·roman jeunesse

Robot Sauvage

The Wild Robot

Auteur/Illustrateur: Peter Brown

Traductrice: Alice Marchand

Éditeur: Gallimard Jeunesse

Collection: Roman Junior

Pages: 285

Nous avons fini l’année sur la lecture de cet extraordinaire roman jeunesse qui pourrait se définir comme un hymne à la nature et à l’amitié!

Dans son Robot Sauvage, Peter Brown pose la question des facultés émotionnelles pour un robot, cette machine humanoïde fabriquée par l’homme pour le seconder dans les tâches ingrates. Rozzum 7134, ou Roz, nous apparaît comme un Robinson futuriste; échoué sur une île désertée par l’homme, il cherche sa place parmi les animaux qui l’habitent et qui, par contraste avec la nature, le perçoivent comme un monstre. Roz est confronté à son environnement et va devoir s’adapter. S’adapter à la nature et aux animaux.

Premier roman de l’auteur, Robot Sauvage est un véritable petit bijou qu’on aime à trouver sur les étagères jeunesses, l’un de ces livres qui vous entraîne à l’aventure; entre vie sauvage, univers hostile, rencontres merveilleuses et lutte pour la survie, Peter Brown n’oublie rien et livre un récit incroyablement drôle et tendre. On aime l’alliance de la nature au robot, on adore le récit animalier auquel Rozzum parvient à s’intégrer.

Lu à voix haute: les filles étaient fascinées par la beauté du récit et la palette émotionnelle intense que nous avons traversé aux côté de Roz, de Joli-Bec le jars et de tous les animaux qui font de ce titre un incontournable!

C’est avec plaisir que nous avons appris qu’un second volume est sorti aux Etats-Unis; nous attendons la traduction avec impatience.

Un cargo fait naufrage. Rozzoum unité 7134, alias Roz, échoue sur une île déserte. Pourra-t-elle survivre dans la vie sauvage?

Lecture à 2 Voix·roman jeunesse

Jim Bouton et Lucas le chauffeur de locomotive

Jim Knopf und Lukas der Lokomotivführer

Auteur: Michael Ende

Illustrateur: Gaëtan Dorémus

Traducteur: Jean-Claude Mourlevat

Éditeur: Bayard Jeunesse

Pages: 312

Il faut que je vous parle de Jim Bouton! Ça fait des jours que je me dis qu’il faut que j’arrive à vous présenter ce titre avant de partir en vacances. Titre méconnu en France et qui vaut pourtant son pesant d’or! Il m’a était chaudement recommandé par Isabelle dont je vous invite à lire la critique: ici.

Jim Bouton est un jeune garçon qui arrive par colis sur l’île de Lummerland alors qu’il n’est qu’un bébé. Cette minuscule île qui jusque là ne comptait que quatre habitants: le Roi Alphonse Midi-Moins-le-Quart, Lucas et sa locomotive Emma, Monsieur Manche et Madame Comment, accueille donc un cinquième résidant pour la plus grande joie de tous. Jim grandissant, le Roi décrète que bientôt l’île sera trop petite et qu’il faut faire de la place en se séparant d’Emma la locomotive. Lucas se refuse à abandonner son amie et décide de partir avec elle, et Jim décide de les accompagner. C’est le début d’un récit d’aventures extraordinaires où des rencontres surprenantes les amènent à se rendre à la Cité des Dragons. Au fil des jours et des nouvelles amitiés qu’ils se créeront, Jim et Lucas (et Emma) vont devoir faire preuve d’empathie et de courage pour se tirer de situations plus ou moins délicates.

Lu à deux voix avec Juliette (9ans1/2), Jim Bouton et Lucas le chauffeur de locomotive a su la séduire dès les premières pages par l’humour et l’originalité de l’histoire: les noms des habitants de Lummerland et leur façon de vivre dans un premier temps, puis le peuple de Mandala et ces habitants dont la taille s’apparente parfois à celle d’une fourmi. L’aventure a vite pris le dessus et Juliette n’avait de cesse de vouloir lire la suite. De surprises en surprises, le récit nous entraîne tambour battant dans une aventure fantastique où l’absurde prend des airs de réalité désordonnée.

Un seul bémol: Mandala offre un regard bourrés de clichés déplaisants, pour ne pas dire racistes, sur la Chine et ses habitants.

La minuscule île de Lummerland est devenue trop exiguë pour le roi Alphonse-Midi-Moins-le-Quart et ses… quatres sujets! Lucas et Emma, sa vielle locomotive, doivent partir. Le petit Jim Bouton, qui rêve d’explorer le monde, les accompagne. D’aventure en aventure, ils arrivent à Ping, la capitale de Mandala. Là, ils apprennent que Li Si, la fille de l’emprereur, a été enlevée. Elle serait prisonnière dans la Cité des Dragons… N’écoutant que leur courage, Jim, Lucas et leur bonne Emma se lancent à sa recherche. 

IEF

Cours par Correspondance

Après un premier trimestre en dents de scie, force m’est de constater qu’un cours par correspondance m’offre un certain confort dans l’organisation de l’instruction des filles. J’avais fait le choix de faire sans car Gabrielle avait trouvé trop dense son cours belge l’année dernière. Mais au final nous avons fait bien peu de choses… bon c’est assez relatif car Gabrielle lit énormément chaque jour, elle a toujours un livre à la main dès le réveil et jusqu’au couché. De même je leur propose énormément d’activités, de sorties, de visites comme vous avez pu le voir si vous suivez régulièrement le blog. Sincèrement, je ne pense pas que nous en ferons beaucoup plus, mais reprendre ce cours me permettra de gagner du temps sur l’organisation et le quotidien.

Après réflexion et discussions entre adultes puis avec les principales intéressées, nous avons choisi de les inscrire toutes les deux au cours EAD. Juliette suivra le cours de 4é primaire (CM1) et Gabrielle la 5é primaire (CM2). C’est aussi l’occasion de changer la méthode pour les mathématiques que les filles se sont mises à détester car elles n’y comprennent plus rien. Le niveau monte, se complique et elles sont souvent perdues. De fait pour Gabrielle il est possible que nous revenions sur le niveau inférieur si je vois que les cours ne correspondent pas à son niveau réel. Inutile d’envenimer la situation… A partir de la 5é primaire, les cours introduisent les matières d’Histoire-Géographie et de Sciences et surtout, le Néerlandais (pays bilingue oblige). Nous aurions tout à fait pu faire l’impasse sur cette langue mais Gabrielle a envie d’essayer et, comme souvent, c’est ce qui la motive le plus. Nous sommes frontaliers et nous rendons souvent en Belgique (plus souvent francophone d’ailleurs), parler la langue pourrait être un avantage… à voir après les premières leçons si elle souhaite poursuivre ou pas.

Les cours par correspondance sont un réel confort en terme de préparation mais c’est vrai qu’ils sont très denses… la quantité d’exercices est souvent conséquente. Si je sais que Gabrielle râlera un peu et que je pourrais ajuster la quantité sans soucis, avec Juliette c’est sa dysorthographie qui risque de compliquer les choses. Nous verrons bien… En attendant, c’est partie!