roman ado / young adult·roman jeunesse

Les Gardiens de Ga’Hoole, tome 1: l’Enlèvement

Titre vo: Guardians of Ga’Hoole, 1. The Capture

Auteur: Kathryn Lasky

Traductrice: Cécile Moran

Editeur: Pocket Jeunesse

Pages: 277

 

Les Gardiens de Ga’Hoole, roman jeunesse captivant, met un scène des chouettes et hiboux dans un univers fantastique né de l’imagination de son auteur. Enrichie des recherches poussées qu’elle espérait utiliser pour écrire un essai sur ces rapaces, Kathryn Lasky crée un monde unique, un royaume fantastique, dans lequel évoluent ces volatiles mystérieux et fascinants. Les descriptions sont légions et enrichissent cet ouvrage qui, tout en étant un vrai roman, tend vers le documentaire au travers des nombreuses informations sur le mode de vie et les comportements spécifiques à chaque espèce.

Soren, chouette effraie, n’est qu’un oisillon lorsqu’il se fait enlever après être tombé du nid. Il est emmené dans un « orphelinat » où il se lie d’amitié avec Gylfie. Impuissants ils assistent à la transformation de leurs congénères en coquille vide. Comprenant qu’il se passe des choses terribles qui pourraient avoir un impact sur l’ensemble de leur monde, ils luttent pour leur survie et cherchent un moyen de s’enfuir. Soren et Gylfie feront des expériences difficiles et douloureuses, confrontés à la peur, la douleur, la mort, car nombreuses sont les épreuves à Saint-Aegolius; ce n’est qu’avec beaucoup de volonté et de courage qu’ils trouveront le chemin vers la liberté…

Premier volume d’une longue série, L’enlèvement est une très bonne introduction. Les deux jeunes héros sont attachants et ils font des rencontres très intéressantes au cours de leur séjour à l’orphelinat, mais également en dehors. Leur évolution tout au long du roman est bien décrite et fait de ce volume un très bon récit initiatique. L’écriture est riche et de qualité, la force du récit tient dans les nombreuses descriptions et informations que l’auteur distille au fil des aventures de ses petits héros à plumes. Kathryn Lasky a su donner vie à un univers atypique crédible et à des personnages intéressants et touchants. Leurs qualités et personnalités « humaines » permettent une identification ou tout au moins un attachement réel. Les émotions sont nombreuses et rendent la lecture captivante d’un bout à l’autre du récit.

A lire et faire lire dès 9/10 ans (ou avant pour les bons lecteurs).

Ma grande lectrice de fille, 8 ans, a eu un énorme coup de cœur pour ce titre. Lecture qui a suscité de nombreuses discussions et a généré énormément d’émotions, elle a même versé sa petite larme.

Soren coule une enfance paisible dans le sapin creux qu’il occupe avec sa famille dans la Forêt de Tyto, le royaume des chouettes effraies. Mais de mystérieuses disparitions d’œufs et de jeunes poussins perturbent la tranquillité des habitants. Alors qu’il tombe du nid, Soren est kidnappé à son tour et emmené au sinistre orphelinat de Saint-Aegolius. Sous la direction de l’effroyable Crocus, des poussins venus de tous les royaumes y subissent un enseignement des plus étranges…
Soren et sa meilleure amie Gylfie n’ont qu’une envie : s’échapper et révéler au monde ce que trament Crocus et ses lieutenants. Mais pour cela, encore faudrait-il apprendre à voler…

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Ginny Moon

 

Auteur: Benjamin Ludwig

Traductrice: Caroline Valaud

Editeur: HarperCollins

Pages: 421

 

Placée dans différentes familles d’accueil suite aux maltraitances et à l’incapacité de sa mère à s’occuper d’elle, Ginny semble avoir enfin trouvé sa famille-pour-toujours, pourtant elle n’a de cesse de vouloir retourner dans ce logement où elle a failli mourir. Son unique obsession tourne autour de sa poupée laissée derrière elle cinq ans plus tôt chez sa mère biologique. Lentement, au rythme du cerveau de Ginny, les pièces du puzzle se mettent en place soulevant de nombreuses questions et suscitant un véritable tourbillon émotionnel.

Ginny Moon est un roman atypique dans sa narration; racontée par Ginny, l’histoire évolue au rythme de ses journées et des quelques souvenirs qu’elle nous livre. Comme dans un roman épistolaire, les chapitres sont courts et ont pour titre la date et le moment précis où ils se déroulent. Le style est enfantin, léger, ce qui permet d’alléger le contexte et les sujets assez lourds abordés: la maltraitance, la différence, l’adoption… c’est justement cette tonalité qui permet de s’attacher au personnage auquel il n’est pas facile de s’identifier. Les réactions et choix de Ginny sont souvent incompréhensibles mais sont aussi une sorte d’introspection dans son cerveau au fonctionnement unique; ils nous permettent vraiment de comprendre comment fonctionnent la pensée des personnes autistes, leur façon d’aborder le monde, leur incompréhension des codes sociaux et leur difficulté à verbaliser leurs émotions.

Benjamin Ludwig signe un premier roman touchant qui ne peut laisser indifférent. Lui-même parent adoptif d’une enfant autiste, il a su poser sur le papier son ressenti et son vécu de ses personnes aux besoins particuliers. Ginny Moon est tout simplement magnifique!

Je remercie Babelio et les éditions HarperCollins pour cette lecture offerte dans le cadre de Masse Critique.

Pour la première fois de sa vie, Ginny  Moon a trouvé sa Maison-pour-Toujours – un foyer avec une famille aimante qui saura la protéger et l’entourer. Le foyer dont n’importe quel enfant adopté pourrait rêver. Alors pourquoi cette adolescente de 14  ans cherche-t-elle à tout prix à se faire kidnapper par sa mère biologique, incapable de s’occuper d’elle  ? Pourquoi Ginny veut-elle absolument retourner dans cet appartement où elle a failli mourir  ?
C’est une adolescente comme les autres – elle joue de la flûte, s’entraîne pour le tournoi de basket de l’école et étudie les poèmes de Robert Frost –, à un détail près  : elle est autiste. Et certaines choses sont très importantes pour elle  : commencer sa journée avec précisément neuf grains de raisin, chanter sur Michael Jackson (son idole), manger de la pizza au bacon et à l’ananas et, surtout, retrouver sa mère biologique pour pouvoir s’occuper de sa Poupée, qui court un grand danger.
Avec les moyens limités et pourtant redoutables d’une enfant enfermée dans son monde intérieur, Ginny va tout mettre en œuvre pour la sauver.

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L’Auberge entre les Mondes, tome 1: Péril en Cuisine!

Auteur: Jean-Luc Marcastel

Éditeur: Flammarion Jeunesse

Collection: Roman 10 – 13 ans

Pages:  254

 

Premier volet de la série l’Auberge entre les mondesPéril en Cuisine! est un roman jeunesse qui mélange les genres tout en reprenant les codes qui ont fait leurs preuves en littérature jeunesse: aventure, fantastique, amitié, dépassement de soit…

L’histoire prend place dans le Cantal, dans une auberge qui est en fait le cœur de plusieurs mondes, où Nathan et son meilleur ami Félix, viennent pour un job d’été. Ils prennent immédiatement consciences que ce n’est pas une auberge ordinaire et bientôt ils se retrouvent au cœur d’une aventure palpitante, parfois effrayante, dont l’issue diplomatique pourrait avoir des répercussions énormes sur tous les mondes…

Entre récit initiatique et roman de fantasy, Jean-Luc Marcastel signe un premier volet dynamique qui devrait ravir les jeunes lecteurs dès 9/10 ans. Le texte est de qualité sans être trop lourd, les personnages sont sympathiques et originaux (sauf pour le héros qui rappelle trop fortement Harry Potter), certains sont humains, d’autres tirent plus de l’animal et d’autres encore sont un mélange des deux… L’univers est quant à lui original et bien pensé, très cohérent dans son mélange de réalité et d’imaginaire.

Je remercie Babelio et les éditions Flammarion pour cette découverte.

Nathan est apprenti cuisinier dans une auberge réputée pour ses bonnes recettes. Avec son ami Félix, il sent très vite que cet endroit regorge de mystères. Les murs bougent; des créatures inquiétantes semblent vivre tapies dans l’ombre; et il y a cette force qu’il ressent au plus profond de lui…

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Le Naufragé de la Méduse

Auteur: Catherine Cuenca

Éditeur: bulles de savon

Collection: l’Histoire, c’est un roman

Pages: 189

 

Le Naufragé de la Méduse est un roman historique inspiré de faits réels et habillement romancé par Catherine Cuenca. En effet, l’intrigue se dessine autour du peintre Théodore Géricault, en pleine réalisation de son célèbre tableau « le radeau de la Méduse », basé sur un terrible incident de la marine française, l’échouage de la frégate la Méduse ; cet évènement, qui causa la mort de près de cent cinquante personnes, reste aujourd’hui encore auréolé de mystères, laissant place à l’imagination de l’auteur pour créer une histoire qui tienne la route.

Ne s’éloignant jamais vraiment de la réalité, Catherine Cuenca crée un roman passionnant où se mêlent romance et intrigue, complot et meurtre. Tout comme Géricault utilisait son pinceau, l’auteur utilise sa plume pour denoncer l’esclavagisme et se positionner en faveur d’une égalité pour tous. Pour se faire, elle invente une sombre affaire de menaces dont le peintre est victime. Son corbeau souhaite le voir abandonner son projet de toile par crainte de ne voir mise en lumière une vérité dont certains pourraient pâtir. Aidé de Mélia, sa femme de chambre, et de Louis Jamar, son apprenti, il tente d’aller au bout de son travail et de révéler les évènements qui se sont réellement produits sur la Méduse.

Le Naufragé de la Méduse est un très bon roman, habillement mené et qui retrace parfaitement les faits connus sur le drame maritime et sur la réalisation du tableau de Géricault. C’est une lecture agréable à faire en binôme (ce que j’ai fait avec mon fils âgé de 13 ans) ou à mettre entre les mains des jeunes lecteurs dès onze ou douze ans pour leur faire découvrir un fait divers qui a marqué les esprits ou dans le cadre d’une étude de l’oeuvre de Géricault.

A noter, en fin de livre, on trouve des notes récapitulatives du vrai et du faux historique.

 

1818. A Paris, le peintre Géricault travaille à un tableau sur le naufrage de la frégate la Méduse, ce drame de la mer qui a coûté la vie à cent cinquante personnes, deux ans plus tôt. Mélia, dont le père matelot a péri dans le naufrage, suit de près l’avancée du tableau. Mais bientôt, Géricault reçoit des lettres anonymes où on l’encourage à abandonner son projet. Lorsque les lettres se transforment en menaces et que Louis, l’apprenti du peintre, disparaît, Mélia se retrouve au coeur d’une sombre histoire. Pourquoi veut-on étouffer l’affaire de la méduse? Que s’est-il réellement passé à bord? Géricault réussira-t-il à terminer son tableau?

Pour aller plus loin, nous avons complété notre lecture en regardant ce très bon documentaire que je recommande ne serait-ce que pour prendre la mesure de l’ampleur du travail de Géricault.

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Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède

Titre vo: Nils Holgerssons underbara resa genom Sverige

Auteur: Selma Lagerlöf

Traducteur: Thekla Hammar

Illustrateur: Romain Simon

Editeur: Delagrave

Pages: 243

 

Présentation:

Pour avoir voulu se jouer d’un tomte, sorte de lutin du folklore suédois, le jeune Nils devient pareil à sa victime, c’est-à-dire à peine plus haut que la main. Voulant retenir son jars blanc, tenté par l’appel des oiseaux migrateurs, Nils oublie sa taille minuscule, et le voici emporté dans les airs. S’ensuit un voyage à travers la Suède, en compagnie des oies sauvages, et une série d’aventures mi-merveilleuses mi-réelles.

Ce que j’en pense:

Commandé par « l’Association nationale des enseignants », Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède est bien plus qu’un livre de géographie pour enfant. C’est un véritable voyage initiatique au cours duquel le lecteur découvre avec Nils la splendeur des paysages suédois et lapons, principalement vu du ciel, à dos d’oies sauvages.

Emplis d’anecdotes et de descriptifs sur les paysages ou les animaux, le texte de Selma Lagerlöf se veut instructif et fantastique. A mi-chemin entre le livre documentaire et le conte, Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède est un roman merveilleux qui enchante par la qualité de la narration et la richesse textuelle. L’écriture est très visuelle et permet au lecteur de réellement saisir la beauté des paysages.

Grand moment de lecture à partager en famille.

 

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Je suis ton Soleil

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Auteur: Marie Pavlenko

Editeur: Flammarion Jeunesse

Pages: 467

 

Ce titre sera disponible en librairie le 8 mars 2017.

 

Quatrième de couverture:

Déborah entame son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui dévore toutes les siennes et seulement les siennes. Mais ce n’est pas le pire, non. Le pire, c’est sa mère qui se fane, et la découverte de son père, au café, en train d’embrasser une inconnue aux longs cheveux bouclés. Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l’aide, des amis, du courage et beaucoup d’humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

Ce que j’en pense:

L’année de terminale est un moment important dans la vie des jeunes, non seulement ils se préparent à choisir leur avenir mais en plus ils atteignent l’âge de 18 ans qui les fait entrer dans l’âge adulte. Pourtant, cette année si importante soit-elle reste une année ordinaire et il arrive que la vie s’acharne sur vous. Pour Déborah c’est un peu ce qui se passe. Alors qu’elle entre au lycée pour sa dernière année, elle doit faire face à l’implosion de sa famille, l’éloignement de sa meilleure amie et d’autres tracas qui pourraient avoir des conséquences sur sa réussite au Bac. Mais la jeune fille est un véritable rayon de soleil, qui fait face avec courage et garde le sourire dans (presque) toutes les situations. Entourée de ses deux nouveaux amis, Victor et Jamal, elle surmonte les épreuves et avance en restant dans la lumière, réchauffant son cœur et celui de ses proches.

Marie Pavlenko nous raconte une tranche de vie qui pourrait être banale mais qui illumine la lecture par l’humour qui se dégage de sa plume. Il y avait longtemps que je n’avais pas pris autant plaisir à lire un roman. Je suis ton soleil est une grande bouffée d’oxygène, une plongée dans l’adolescence, un hymne à la joie et à la vie.

Je remercie Babelio et les éditions Flammarion pour cette lecture délicieuse.

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Anne au Domaine des Peupliers

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Titre vo: Anne of Windy Poplars

Auteur: Lucy Maud Montgomery

Traductrice:  Hélène Rioux

Editeur: Presses de la Cité

Pages: 324

 

 

Quatrième de couverture:

La petite orpheline de La Maison aux pignons verts n’a pas changé avec les années. Elle a toujours sa magnifique chevelure auburn et ses taches de rousseur, elle est restée impulsive, pleine de bonnes intentions, irrésistible. A Summerside, où elle dirige l’école secondaire, Anne vit dans une charmante demeure baptisée le Domaine des Peupliers, qu’elle partage avec deux sympathiques veuves, tante Kate et tante Chatty, le chat Dusty Miller, et surtout Rebecca Dew, une ronchonneuse au cœur d’or. Il y a aussi la belle nature canadienne, les vacances à Avonlea et les relations épistolaires avec son cher Gilbert.

Ce que j’en pense:

Ce quatrième volume de la saga d’Anne est en quelque sorte la transition entre les volumes de l’enfance et ceux de l’âge adulte, entre la vie d’enfant et de jeune fille d’Anne et de sa vie de femme mariée. Gilbert poursuit ses études en médecine, loin d’Anne qui accepte un post de directrice enseignante dans une institution pour jeunes filles. Elle loge par ailleurs dans une pension, le Domaine des Peupliers, avec deux veuves et leur chat, ainsi que Rebecca Dew, une ronchonneuse au grand cœur.

Principalement épistolaire, ce volume est sans doute le plus difficile à lire. Les lettres de Anne à Gilbert sont longues et peu attrayantes, elle narre dans le détail ce qu’elle vit au quotidien et même s’il y a de bons moments et de beaux descriptifs de paysages, force est de constater que ça ne suffit pas. Il aurait été intéressant d’avoir des échanges, quelques lettres de Gilbert auraient été clairement un plus, mais l’auteur ne donne la parole qu’à son héroïne et ce style narratif n’est vraisemblablement pas son point fort. Et c’est finalement avec beaucoup de peine que j’ai atteint la dernière page…

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