roman

Mary Reilly

 

Auteur: Valerie Martin

Traductrice: Annie Saumont

Editions:Libretto

Pages: 250

 

 

Mary Reilly est une jeune servante qui officie dans la maison du Docteur Jeckyll, un homme bienveillant et charitable. Parce qu’il aime à discuter avec elle, Mary s’attache à lui, l’observant à la dérobé avec de plus en plus d’insistance. Jour après jour, elle note les changements qui s’opèrent sur son maître, de plus en plus malade et faible. Lorsque apparaît Mr Hyde, l’assistant du docteur, Mary et toute la domesticité s’inquiète pour le maître de maison. Car Mr Hyde est aussi malveillant et cruel que le Dr Jeckyll est bon.

Valerie Martin s’inspire de la nouvelle de Robert Louis Stevenson pour dépeindre sa vision du dédoublement de personnalité du célèbre Dr Jeckyll/Mr Hyde. Au travers de sa jeune héroïne, elle dépeint la domesticité et la fonctionnement des maisons bourgeoises à l’époque victorienne et nous entraîne à la découverte d’un Londres sombre où les mœurs les plus obscures sont le sombre quotidien d’une classe moins privilégiée. Bien que très intéressante, cette lecture manque cependant du dynamisme que j’espérais trouver. La première moitié n’est qu’une succession de descriptions d’un quotidien peu attrayant sur lequel Mary s’épanche longuement et qui ne laisse qu’entrevoir la naissance et l’évolution des sentiments amoureux de la jeune femme pour son maître ; ce dernier s’affaiblissant de plus en plus jusqu’à l’arrivée de Hyde.

Mary Reilly est un roman captivant mais qui souffre hélas de longueurs qui alourdissent le récit et rendent la lecture difficile. L’écriture n’en reste pas moins appréciable et j’ai particulièrement aimé le travail de l’auteur sur le développement psychologique des personnages et leur évolution…

Je remercie Pauline, du blog Entre Les Pages, qui m’a offert ce roman lors du Swap Jane Austen and England, l’hiver dernier.

Angleterre, fin du XIXè siècle. Voulant échapper à son père alcoolique, brutal et incestueux, la jeune Mary Reilly entre au service d’un riche savant dans une demeure cossue. Le maître des lieux est le Dr Jekyll. Parce qu’il est bienveillant avec elle, Mary pense avoir enterré son douloureux passé. Absorbé dans ses travaux, le Dr Jekyll veille jusque très tard chaque nuit. A son insu, Mary l’épie dans son laboratoire, jusqu’au jour où elle fait la connaissance de celui qu’elle prend pour le nouvel assistant du docteur, Mr Hyde. L’homme est aussi rustre et brutal que le Dr Jekyll est éduqué et attentionné. Cependant, Mr Hyde fascine la jeune femme bien davantage qu’il ne la fait fuir… Resurgissent alors les peurs qu’elle croyait enfouies.

masse critique·roman·roman ado / young adult

Ginny Moon

 

Auteur: Benjamin Ludwig

Traductrice: Caroline Valaud

Editeur: HarperCollins

Pages: 421

 

Placée dans différentes familles d’accueil suite aux maltraitances et à l’incapacité de sa mère à s’occuper d’elle, Ginny semble avoir enfin trouvé sa famille-pour-toujours, pourtant elle n’a de cesse de vouloir retourner dans ce logement où elle a failli mourir. Son unique obsession tourne autour de sa poupée laissée derrière elle cinq ans plus tôt chez sa mère biologique. Lentement, au rythme du cerveau de Ginny, les pièces du puzzle se mettent en place soulevant de nombreuses questions et suscitant un véritable tourbillon émotionnel.

Ginny Moon est un roman atypique dans sa narration; racontée par Ginny, l’histoire évolue au rythme de ses journées et des quelques souvenirs qu’elle nous livre. Comme dans un roman épistolaire, les chapitres sont courts et ont pour titre la date et le moment précis où ils se déroulent. Le style est enfantin, léger, ce qui permet d’alléger le contexte et les sujets assez lourds abordés: la maltraitance, la différence, l’adoption… c’est justement cette tonalité qui permet de s’attacher au personnage auquel il n’est pas facile de s’identifier. Les réactions et choix de Ginny sont souvent incompréhensibles mais sont aussi une sorte d’introspection dans son cerveau au fonctionnement unique; ils nous permettent vraiment de comprendre comment fonctionnent la pensée des personnes autistes, leur façon d’aborder le monde, leur incompréhension des codes sociaux et leur difficulté à verbaliser leurs émotions.

Benjamin Ludwig signe un premier roman touchant qui ne peut laisser indifférent. Lui-même parent adoptif d’une enfant autiste, il a su poser sur le papier son ressenti et son vécu de ses personnes aux besoins particuliers. Ginny Moon est tout simplement magnifique!

Je remercie Babelio et les éditions HarperCollins pour cette lecture offerte dans le cadre de Masse Critique.

Pour la première fois de sa vie, Ginny  Moon a trouvé sa Maison-pour-Toujours – un foyer avec une famille aimante qui saura la protéger et l’entourer. Le foyer dont n’importe quel enfant adopté pourrait rêver. Alors pourquoi cette adolescente de 14  ans cherche-t-elle à tout prix à se faire kidnapper par sa mère biologique, incapable de s’occuper d’elle  ? Pourquoi Ginny veut-elle absolument retourner dans cet appartement où elle a failli mourir  ?
C’est une adolescente comme les autres – elle joue de la flûte, s’entraîne pour le tournoi de basket de l’école et étudie les poèmes de Robert Frost –, à un détail près  : elle est autiste. Et certaines choses sont très importantes pour elle  : commencer sa journée avec précisément neuf grains de raisin, chanter sur Michael Jackson (son idole), manger de la pizza au bacon et à l’ananas et, surtout, retrouver sa mère biologique pour pouvoir s’occuper de sa Poupée, qui court un grand danger.
Avec les moyens limités et pourtant redoutables d’une enfant enfermée dans son monde intérieur, Ginny va tout mettre en œuvre pour la sauver.

roman·roman ado / young adult·roman jeunesse

Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède

Titre vo: Nils Holgerssons underbara resa genom Sverige

Auteur: Selma Lagerlöf

Traducteur: Thekla Hammar

Illustrateur: Romain Simon

Editeur: Delagrave

Pages: 243

 

Présentation:

Pour avoir voulu se jouer d’un tomte, sorte de lutin du folklore suédois, le jeune Nils devient pareil à sa victime, c’est-à-dire à peine plus haut que la main. Voulant retenir son jars blanc, tenté par l’appel des oiseaux migrateurs, Nils oublie sa taille minuscule, et le voici emporté dans les airs. S’ensuit un voyage à travers la Suède, en compagnie des oies sauvages, et une série d’aventures mi-merveilleuses mi-réelles.

Ce que j’en pense:

Commandé par « l’Association nationale des enseignants », Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède est bien plus qu’un livre de géographie pour enfant. C’est un véritable voyage initiatique au cours duquel le lecteur découvre avec Nils la splendeur des paysages suédois et lapons, principalement vu du ciel, à dos d’oies sauvages.

Emplis d’anecdotes et de descriptifs sur les paysages ou les animaux, le texte de Selma Lagerlöf se veut instructif et fantastique. A mi-chemin entre le livre documentaire et le conte, Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède est un roman merveilleux qui enchante par la qualité de la narration et la richesse textuelle. L’écriture est très visuelle et permet au lecteur de réellement saisir la beauté des paysages.

Grand moment de lecture à partager en famille.

 

masse critique·roman

Celui-qui-doute

celuiquidoute

 

 

Auteur: Emmanuelle Bessot

Editeur: Yovana

Pages: 344

 

 

 

Quatrième de couverture:

Embarqués dans le monde onirique du héros, nous découvrons la richesse et la spiritualité des Lakotas, leur histoire, passé et présente, leur vision du monde; nous égrenons au fil de cette quête doutes, peurs, espoirs et injustices; au passage, nous revisitons l’histoire de l’Homme pour découvrir une surprenante théorie de l’évolution…

Ce que j’en pense:

Alors que le héros se demande s’il doit suivre les traces de ses ancêtres Lakotas ou au contraire poursuivre son chemin auprès des citoyens américains parmi lesquels il a grandit, ses questions le conduisent à réfléchir sur les origines de l’Homme. Mais l’auteur va plus loin et mène une véritable enquête sociologique et anthropologique au travers d’un héros en quête d’identité. En effet, outre l’évolution des primates, Emmanuelle Bessot met en avant l’impact de l’Homme sur la Terre et les autres espèces, n’hésitant pas à comparer le mode de vie des chimpanzés au notre dans le fonctionnement des relations sociales et dans l’adaptation au milieu…

L’écriture est de qualité, le sujet est maîtrisé. L’auteur met en avant différentes théories de l’évolution pour amener à une interprétation que chacun prendra comme il le souhaite. Le texte est vraiment magnifique de poésie mais je pense que les termes scientifiques pourraient perdre certains lecteurs, de même que les nombreuses descriptions et les détours pris par le narrateur pourraient sembler alourdir le texte. Cependant il serait dommage de passer à côté d’un roman de cette qualité, original et unique.

 

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Je remercie Babelio et les éditions Yovana pour cette lecture.

roman·roman ado / young adult·roman jeunesse

Anne au Domaine des Peupliers

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Titre vo: Anne of Windy Poplars

Auteur: Lucy Maud Montgomery

Traductrice:  Hélène Rioux

Editeur: Presses de la Cité

Pages: 324

 

 

Quatrième de couverture:

La petite orpheline de La Maison aux pignons verts n’a pas changé avec les années. Elle a toujours sa magnifique chevelure auburn et ses taches de rousseur, elle est restée impulsive, pleine de bonnes intentions, irrésistible. A Summerside, où elle dirige l’école secondaire, Anne vit dans une charmante demeure baptisée le Domaine des Peupliers, qu’elle partage avec deux sympathiques veuves, tante Kate et tante Chatty, le chat Dusty Miller, et surtout Rebecca Dew, une ronchonneuse au cœur d’or. Il y a aussi la belle nature canadienne, les vacances à Avonlea et les relations épistolaires avec son cher Gilbert.

Ce que j’en pense:

Ce quatrième volume de la saga d’Anne est en quelque sorte la transition entre les volumes de l’enfance et ceux de l’âge adulte, entre la vie d’enfant et de jeune fille d’Anne et de sa vie de femme mariée. Gilbert poursuit ses études en médecine, loin d’Anne qui accepte un post de directrice enseignante dans une institution pour jeunes filles. Elle loge par ailleurs dans une pension, le Domaine des Peupliers, avec deux veuves et leur chat, ainsi que Rebecca Dew, une ronchonneuse au grand cœur.

Principalement épistolaire, ce volume est sans doute le plus difficile à lire. Les lettres de Anne à Gilbert sont longues et peu attrayantes, elle narre dans le détail ce qu’elle vit au quotidien et même s’il y a de bons moments et de beaux descriptifs de paysages, force est de constater que ça ne suffit pas. Il aurait été intéressant d’avoir des échanges, quelques lettres de Gilbert auraient été clairement un plus, mais l’auteur ne donne la parole qu’à son héroïne et ce style narratif n’est vraisemblablement pas son point fort. Et c’est finalement avec beaucoup de peine que j’ai atteint la dernière page…

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roman·roman ado / young adult

Katana, tome 1: Vent Rouge

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Auteur: Jean-Luc Bizien

Editeur: Gallimard

Collection: Folio SF

Pages: 293

 

 

 

Quatrième de couverture:

Le jeune Ichirô suit les préceptes de son maître et père adoptif, le vieux guerrier Hatanaka, afin de devenir un grand samouraï. Mais il découvre un jour que ses parents ont été tués par le daimyo, l’impitoyable seigneur dragon, réputé invincible. Ichirô ne sera plus désormais guidé que par un seul souhait: obtenir vengeance et vaincre le démon qui a fait de lui un orphelin. La route pour y parvenir ne sera pas sans danger, mais il pourra compter sur l’aide de quatre jeunes gens rencontrés en chemin et auxquels il semble mystérieusement lié.

Ce que j’en pense:

Katana, tome 1: Vent Rouge est un roman épique dont l’intrigue se situe en plein Japon médiéval où s’engage une lutte sauvage entre un jeune rônin épris de vengeance et l’assassin de ses parents, un cruel seigneur dont la force et la puissance s’étend aux samouraïs qui le protègent.

Tentée par la couverture et le résumé, je dois dire que je suis assez déçue de n’avoir pas été captivé par l’histoire. Bien amenée, et plutôt bien écrite, l’intrigue ne manque pas d’action et répond très bien aux critères du genre guerriers samouraïs ou ninja. Mais j’ai trouvé les personnages assez peu développés et plutôt clichés, je n’ai pas réussi à m’attacher à eux, même le héros manque cruellement d’attrait. Par ailleurs, comme souvent dans les romans « série », le premier tome sert plutôt d’introduction et manque de profondeur.

Un roman à réserver aux fans du genre fantasy médiéval/Japon et aux curieux.

Je remercie Babelio et Les éditions Folio pour cette lecture.

massecritique

ebook·roman

Une petite saison à la boulangerie

boulangerie2Titre vo: Summer at Little Beach Street Bakery

Auteur: Jenny Colgan

Traductrice: Eve Vila

Editeur: Prisma

Pages: 388

Format kindle

 

Présentation éditeur:

Polly Waterford coule des jours heureux sur la paisible île de Mount Polbearne. Sa petite boulangerie connaît un franc succès : les habitants du village continuent de s’y presser et un journal régional souhaite même la sélectionner dans son prochain guide ! Polly est aussi comblée par son histoire d’amour avec Huckle, le séduisant Américain qui a su conquérir son cœur. Les deux amoureux se sont installés ensemble dans le grand phare qui domine l’océan. Malheureusement, lorsque le nouveau propriétaire de la boulangerie de Polly débarque sur l’île avec une lueur malicieuse au fond des yeux, celle-ci réalise soudain que son bonheur est bien fragile. Et le départ précipité de Huckle pour les États-Unis ne l’aide guère à envisager l’avenir avec sérénité. Face à cette nouvelle tempête qui se prépare, Polly va devoir se battre pour ne pas laisser sa vie prendre l’eau. Réussira-t-elle à surmonter les obstacles qui se dressent sur sa route ?

Ce que j’en pense:

L’histoire prend place peu de temps après les événements du premier volume. Nous sommes de retour en Cornouailles, sur l’île de Mount Polbearne où Polly tient désormais officiellement la boulangerie. Dès les premières pages j’ai pris plaisir à retrouver les magnifiques paysages décrits avec Jenny Colgan. Sa plume nous transporte littéralement sur l’île où la vie des marins et des quelques insulaires apparaît si délicieuse – la simplicité, la nature… – que lorsqu’elle prend des allures de cauchemar l’effet est saisissant.

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Cependant ce deuxième volume se contente trop souvent de reprendre les éléments qui faisaient le succès du premier: paysages magnifiques, personnages attachants, le macareux…  Par ailleurs l’arrivée d’un nouveau propriétaire à la boulangerie, avec les situations que ça engendre, crée un sentiment de répétition et laisse une forte impression de déjà vu. Au final, l’histoire manque du croustillant qu’apportaient la préparation du pain et la passion de l’héroïne, devenus quasi inexistants au détriment d’une intrigue terne et superficielle. L’écriture est toujours aussi fraîche et drôle, rendant la lecture agréable mais non indispensable.

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