masse critique·roman

Chère Mrs Bird

Dear Mrs Bird

Auteur: AJ Pearce

Traductrice: Roxane Azimi

Éditeur: Belfond

Collection: Roman

Pages: 355

 

Londres 1940. Alors que les nuits sont rythmées par les attaques aériennes des nazies, Emmy et ses amis tentent de continuer à mener une vie la plus normale possible. C’est le tête pleine de son rêve de devenir reporter de guerre, qu’elle se présente à un entretien pour devenir journaliste. Mais quelle déception quand elle se rend compte qu’elle a accepté un post sans savoir ce qu’on attend d’elle, à savoir trier le courrier des lectrices d’un magazine féminin sur le déclin dirigé par une Mrs Bird austère, tyrannique et aux idées surannées…

Emmy, sa meilleure amie Bunty et le fiancé de cette dernière, William, sont le reflet d’une jeunesse qui fait front et reste optimiste en (presque) toutes situations. S’ils aiment à sortir, s’amuser, à faire des projets d’avenir et de mariage, ils ne sont pas moins conscients de leur situation et c’est à la caserne qu’ils montrent leur force et leur courage: les hommes n’hésitent pas à risquer leur vie pour sauver les victimes, les femmes doivent gérer le stress de ceux qui appellent pour qu’on viennent sauver leurs voisins, amis, familles… en parallèle, le travail d’Emmy au Woman’s Friend, nous fait découvrir le quotidien, les inquiétudes, la solitude et la détresse des femmes de toute l’Angleterre. C’est pour moi l’aspect le plus intéressant du roman.

Chère Mrs Bird est un roman historique qui raconte le quotidien des londoniens durant le Blitz. Enrichie par ses recherches sur l’époque, AJ Pearce signe un premier roman fort et poignant, drôle et tragique à la fois. Elle montre l’importance des pompiers et le rôle des femmes qui subissent la guerre de chez eux, tentant de survivre et de garder l’espoir d’un avenir meilleur.

Je remercie Babelio et les éditions Belfond pour cette bien jolie lecture.

Devenir correspondante de guerre, partir sur le front, braver tous les dangers, Emmy ne rêve que de ça. Mais pour l’instant, cette jeune assistante de rédaction évolue sur un tout autre champ de bataille: le bureau-cagibi du Woman’s Friend, magazine féminin poussiéreux. Ici, l’ennemi c’est Mrs Bird, la rédactrice en chef, plus revêche et insaisissable que toutes les forces de l’Axe réunies… La mission d’Emmy est pourtant simple: répondre aux courriers des lectrices. Mais attention, seules les demandes les plus vertueuses se verront offrir une réponse, de préférence expéditive, dans les colonnes du journal. Problèmes amoureux, opinions politiques, questions intimes ou morales finiront impitoyablement leur course dans la corbeille. Un cas de conscience pour Emmy: alors que le pays sombre sous le Blitz, comment refuser à ses concitoyennes restées à l’arrière le soutien amical qui leur manque? Emmy a un plan, et il est diablement culotté… N’en déplaise à Mrs Bird, l’heure de la résistance féminine a sonné!

roman·roman jeunesse

Alice au Pays des Merveilles

Alice’s Adventures in Wonderland

Auteur: Lewis Carroll

Traducteur: Henri Parisot

Illustrateur: Benjamin Lacombe

Éditeur: Soleil

Collection: Métamorphose

 

Sans doute l’un des classiques les plus célèbres à travers le monde, Alice au Pays des Merveilles est un roman teinté de folie dans lequel l’auteur semble idéaliser l’enfance au travers d’un imaginaire loufoque aux limites de l’absurde.

Première lecture de cette oeuvre, que j’ai mené en parallèle de ma petite chouette qui, du haut de ses 8 ans et demi, semble avoir été plus touché par les aventures d’Alice que moi. Alors que j’ai eu du mal à entrer dans le récit qui part dans tous les sens, sans aucune logique, ma fille adore littéralement le désordre joyeux qui règne dans ce roman qui l’amuse beaucoup. 

En tant qu’objet par contre je suis sous le charme de cette magnifique édition anniversaire. Entre la couverture cartonnée et la mise en page originale, les éditions soleil nous offre un magnifique objet de collection. Le style unique de Benjamin Lacombe, un brin macabre, est en parfaite adéquation avec l’univers de Lewis Carroll aux débordements lugubres. Par ailleurs j’aime particulièrement la mise en page ludique au travers d’illustrations qui sortent du cadre (nombreux dépliants) et d’une typographie dynamique.

 

On apprécie également la préface de Benjamin Lacombe qui introduit idéalement l’oeuvre qu’il enrichit, mais aussi les appendices en fin d’ouvrage: les lettres à Alice et autres fillettes, les notes qui permettent notamment de découvrir le travail de traduction et enfin les biographies de l’auteur, du traducteur et de l’illustrateur.

Les Aventures d’Alice au pays des merveilles (titre original : ), fréquemment abrégé en Alice au pays des merveilles, est un roman écrit en 1865 par Lewis Carroll (nom de plume de Charles Lutwidge Dodgson). À l’heure de commémorer les 150 ans du roman, cette très belle édition inédite, traduite par Henri Parisot, propose une immersion singulière : au fil du récit, les images s’imprègnent d’une envoûtante fantaisie baroque. Grâce à différentes techniques (gouache, huile et aquarelle), Benjamin Lacombe – auteur phare de la nouvelle illustration française – offre une dimension graphique surréaliste et subversive à un grand classique de la littérature anglaise.

Lecture à 2 Voix·roman·roman ado / young adult·roman jeunesse

Harry Potter à l’école des sorciers – version illustrée

Harry Potter and the Philosopher Stone

Auteur: JK Rowling

Illustrateur: Jim Kay

Traducteur: Jean-François Ménard

Éditeur: Gallimard Jeunesse

Pages: 254

Précédent avis laissé en décembre 2015: ici.

Lu à deux voix avec Juliette (8 ans 1/2)

Première lecture pour Juliette, énième relecture pour moi, Harry Potter à l’école des sorciers fait depuis longtemps parti intégrante du paysage littéraire général. Cette édition illustrée par Jim Kay est une réelle immersion dans l’univers de la magie crée par JK Rowling. Il offre un regard novateur sans se laisser influencer par l’univers créé dans les films, se rapprochant d’avantage des descriptions de l’auteur et permettant au lecteur de redécouvrir Poudlard et ses nombreux décors et personnages comme au premier jour.

L’édition se veut de qualité avec une couverture rigide, des pages cousues, un cordon marque-page et un grand format qui permet un regard complet sur les magnifiques planches illustrées riches en détails. Par ailleurs, nous avons pu constater que le texte avait été retravaillé par rapport à la première édition poche (FolioJunior), parfois un mot à été transformé, parfois c’est toute une phrase qui vient s’ajouter au texte initial de la version française.

Harry Potter à l’école des sorciers – illustrée est un magnifique ouvrage fait pour durer, sublimé par une beauté esthétique qui en fait un objet de collection unique.

Juliette a trouvé cette première immersion passionnante: « c’est plein d’action et d’aventures. Harry Potter est un garçon gentil et courageux. L’histoire est drôle et parfois un peu inquiétante mais ne fait pas vraiment peur et c’est mieux car je n’aime pas avoir peur. Mais les yeux rouges de Voldemort sur la tête de Quirrell sont vraiment horribles. »

Le jour de ses onze ans, la vie de Harry Potter est bouleversée à jamais quand Rubéus Hagrid, un géant aux yeux brillants comme des scarabées, lui apporte une lettre ainsi que d’incroyables nouvelles. Harry Potter n’est pas un garçon comme les autres : c’est un sorcier. Et une aventure extraordinaire est sur le point de commencer.

ebook·roman

Poldark 1: Les falaises de Cornouailles

Titre VO: Ross Poldark

Auteur: Winston Graham

Traductrice: Simmone Huinh

Éditeur: Archipel

Format ebook

 

Ayant apprécié la première saison de la série éponyme, diffusée sur Netflix, je me suis laissée tenter par la lecture du roman. Gros succès littéraire outre Manche, je m’attendais à un roman proche du Nord et Sud de Elizabeth Gaskell, une romance sur fond de drame social dans lequel on remplacerait les filatures par des mines.

Mais il n’en est rien. On se retrouve devant une romance très ordinaire, convenue et sans profondeur. L’auteur pose des bases intéressantes mais ne les exploite pas et c’est franchement dommage. Winston Graham a visiblement plus d’intérêt pour les drames familiaux et les histoires de salons que pour les faits historiques.

Les falaises de Cornouailles est un roman décevant sur bien des points et dont l’adaptation est, une fois n’est pas coutume, de meilleure qualité car plus aboutie.

1783. Après avoir pris part à la Guerre d’Indépendance, le jeune et fougueux Ross Poldark quitte l’armée britannique et l’Amérique pour retrouver les siens. C’est un homme blessé qui rejoint ses falaises de Cornouailles. Là, il trouve le domaine familial en déshérence : son père vient de mourir et Elizabeth, sa fiancée, a rompu sa promesse pour en épouser un autre…
Se repliant sur lui-même, il décide de relancer le domaine. Agriculture, élevage, prospection minière, il se bat sur tous les fronts. Et se lie même avec ses fermiers et ouvriers – quitte à se brouiller avec ses proches et l’aristocratie locale. Un jour, lors d’une foire aux bestiaux, il prend la défense d’une fillette de treize ans, Demelza, qu’il ramène chez lui et engage à son service comme domestique. Les années passent, Demelza s’épanouit. Et ce qui devait arriver… Quitte à choquer une fois de plus les bien-pensants, Ross n’écoutera que son cœur.

roman·roman ado / young adult

Sauveur & Fils – Saison 3

Auteur: Marie-Aude Murail

Éditeur: L’école des loisirs

Collection: Medium

Pages: 318

 

En plus des patients rencontrés dans les saisons précédentes, de nouveaux viennent s’ajouter et permettent d’aborder de nouvelles problématiques telles que la dépendance aux nouveaux modes de communications (téléphone portable, tablette…), la pression scolaire, le deuil, les psychoses et autres névroses. Quand survient l’attentat qui coûta la vie à tant de personne au Bataclan de Paris, la panique s’installe… Cependant, cette troisième saison se passe d’avantage dans le milieu privé de Sauveur. Il se remet en question et se demande quelle place il est prêt à donner à Louise, sa petite amie, à Gabin, l’ado qui squatte son grenier, ou Jovo, le SDF dont il ne sait toujours rien mais qui a pris sa place dans son foyer.

Sauveur & Fils est une série originale qui permet à Marie-Aude Murail d’aborder tout un tas de sujets, que ce soit en cours des séances de psychologie ou dans le quotidien. Chacun fera forcément face à des situations qu’il connait. La salle d’attente sera toujours ouverte aux patients réguliers ou occasionnels et gardera toujours une chaise pour accueillir les nouveaux. Toujours aussi captivante, cette saison 3 reste dans la ligné des précédentes; l’écriture est belle, la narration toujours aussi captivante et saupoudrée d’une bonne dose d’humour. A lire sans modération!

Au numéro 12 de la rue Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètres pour 80 kg. Dans son cabinet de thérapeute, Sauveur reçoit des cas étranges comme ce monsieur Kermartin qui pense que ses voisins du dessus ont installé une caméra de vidéosurveillance dans le plafond de sa chambre à coucher ou comme Gervaise Germain qui s’interdit de prononcer le son « mal » par crainte qu il ne lui arrive un MALheur. Mais Sauveur reçoit surtout la souffrance ordinaire des enfants et des adolescents : Maïlys, 4 ans, qui se tape la tête contre les murs pour attirer l attention de ses parents, Ella, 13 ans, cyberharcelée par ses camarades de classe, Gabin, 17 ans, qui ne va plus au lycée depuis qu il passe ses nuits dans World of Warcraft, Margaux, 15 ans, qui en est à sa deuxième tentative de suicide ou sa soeur, Blandine, 12 ans, que son père aimerait mettre sous Ritaline pour la « calmer »…Sauveur peut-il les sauver ? Il n a que le pouvoir de la parole. Il ne croit pas au Père Noël, mais il croit en l’être humain. 

Volumes précédents

ebook·roman

Outlander 4: Les Tambours de l’Automne

Titre vo: Drums of Autumn

Auteur: Diana Gabaldon

Traducteur: Philippe Safavi

ÉditeurJ’ai Lu

Format Ebook (1144 pages)

 

Quatrième volet de la saga, Les tambours de l’automne m’a d’abord semblé mal engagé. En effet, les premiers chapitres sont une accumulation de scènes assez vides qui n’ont que peu de sens dans l’intrigue. Cependant, on prend conscience peu avant la fin du premier quart (un long quart vu l’épaisseur du roman) que tout amène au questionnement du couple sur son avenir dans le Nouveau Monde. La mise en avant des esclaves et des amérindiens est cependant intéressante et assez bien amenée. L’auteur exprime clairement les sentiments de ses deux protagonistes vis à vis de ces deux nations en fonction de leur culture différente principalement liés à leur vécu ou leur époque.

En parallèle, on suit le cheminement de Brianna (et de Roger) pour retrouver la trace du couple Fraser, puis leur voyage dans le temps. Chacun va vivre des épreuves assez difficile, et même si j’ai ressenti de la peine pour Brianna, je dois dire que j’ai surtout été choqué du traitement réservé à Roger. Mais qu’a donc fait ce pauvre garçon à Madame Gabaldon pour en baver autant? C’était limite, j’ai cru qu’elle allait le tuer tout simplement et sans aucune raison… Et tout ça pour quoi? Rassurer les personnages (ou le lecteur) sur la solidité du jeune couple qu’elle semble vouloir intégrer pleinement à son histoire? Mouai…

Dans ce volume, la narration se tourne surtout sur les besoins d’avoir un chez soi, d’appartenir à une famille et sur l’importance pour Claire et Jamie de créer un foyer. Jamie prend un domaine en main et devient le laird qu’il était destiné à devenir de par son éducation. L’Histoire passe au second plan mais on découvre les peuples amérindiens et leur culture, tantôt pacifique, tantôt guerrière, mais aussi leurs croyances et leur façon de vivre avec l’homme blanc. Ils apportent une certaine magie à l’intrigue; les esprits semblent omniprésents et donnent un côté plus symbolique à des événements trop encrés dans l’imaginaire.

Je dois avouer que malgré quelques lacunes, cette série a un petit quelque chose qui la rend addictive; je ne me lasse pas de suivre les aventures de Claire et Jamie, même si c’est parfois un peu trop ennuyeux ou tiré par les cheveux à mon goût… Je suis curieuse de voir ce que l’auteur va encore inventer pour que l’histoire reste aussi prenante sans lasser son lectorat.

Pour fuir l’oppression anglaise, Claire et Jamie embarquent pour le Nouveau Monde, où ils espèrent enfin trouver la paix. Toutefois, lorsqu’ils échouent sur les rivages de Caroline du Nord en 1767, l’Amérique est à l’aube de son Indépendance : tandis que la révolution se prépare, les deux amants vont une fois de plus être emportés par le tourbillon de l’Histoire.

Restée en sécurité dans le XXe siècle, leur fille Brianna cherche à percer le secret de sa naissance. Quand elle découvre qu’un sort tragique guette ses parents, elle met tout en oeuvre pour les rejoindre dans le passé… avant que les portes du temps ne se referment sur eux.

Autres Volumes

ebook·roman

Outlander 3: Le Voyage

Titre vo: Voyager

Auteur: Diana Gabaldon

Traducteur: Philippe Safavi

Éditeur: J’ai Lu

Format ebook (1013 pages)

 

Je continue ma lecture de la saga Outlander et même si je ne suis pas complètement satisfaite par ce troisième volet, je ne peux pas dire qu’il ne m’a pas vraiment plu. Je l’ai surtout trouvé assez long et j’avoue m’être assez ennuyée lors du voyage entre l’Ecosse et les Etats-Unis. Toutes ces histoires de pirates, d’épidémie et de sorcellerie m’ont quelque peu laissé sur le côté… Cependant je dois reconnaître que j’ai aimé la façon dont Diana Gabaldon a amené Claire a retrouver la trace de Jamie avant de la faire repartir dans ce passé tumultueux où ils se sont connus.

Tout le cheminement initial durant lequel Claire se désespère de retrouver son mari, de s’assurer son existence avant de partir le rejoindre tout en se questionnant sur sa capacité à laisser sa fille derrière elle et sur les possibilités d’un renouement de ses liens avec Jamie, m’a vraiment plu. D’autant plus qu’en parallèle, on suit la vie de Jamie durant ses vingt années de séparation; l’auteur prend soin de retracer le parcours de son héros du moment où il prend conscience qu’il n’est pas mort sur le champ de bataille jusqu’à ce jour où Claire vient à se rencontre en 1767. Elle aborde la fin des clans, l’interdiction du port du kilt ou du tartan aux couleurs du clan, les lois interdisant la possession d’une arme, les privations, l’intimidation et l’inquiétude permanente qui font le quotidien des écossais, soumis à la cruauté des anglais. Mais on découvre également qu’une fois libérés de prison, nombreux des highlanders ont été vendu à l’esclavage dans les colonies… d’où ils ne reviendront pour la plupart jamais. Tout ce pan de l’Histoire est vraiment intéressant et bien amené.

Le reste de l’histoire ne sert que la romance et abandonne le côté historique au profit d’événements aussi plats qu’ennuyeux. L’auteur meuble clairement autour de ses héros pour justifier leur passage vers les colonies et le Nouveau Monde et c’est dommage. D’autant qu’au vu de ce qui se passe dans le premier quart du tome 4, je pense qu’elle aurait pu réduire tout ça d’au moins 500 pages… Il est cependant intéressant de voir que ce changement de continent aura pour but de garder une trame historique concrète avec les notions d’esclavagisme et la guerre d’indépendance. Il ne reste qu’à espérer que ce ne sera pas qu’un prétexte…

Vingt années se sont écoulées depuis le périple de Claire Beauchamp-Randall dans l’Ecosse du XVIIe siècle. Si l’infirmière britannique a refait sa vie depuis, le souvenir de Jamie Fraser et des années tumultueuses vécues ensemble reste intact. Aussi, lorsqu’elle apprend qu’il a survécu à la sanglante bataille de Culloden ayant marqué la défaite de l’armée écossaise, elle se trouve confrontée à un terrible dilemme. En remontant une nouvelle fois le temps, retrouvera-t-elle celui qu’elle a quitté deux décennies auparavant ? Fuite, tempêtes, intrigues politiques et prophéties étranges : la suite d’une série incontournable !

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